La Grande Guerre

Vers une guerre moderne

La Grande Guerre est caractérisée par l'industrialisation et la production de masse dans le domaine de l'armement et de la technologie militaire. Les premières années de guerre voient la confrontation entre la technologie du XXe siècle et les tactiques du XIXe siècle qui prennent la forme de batailles indécises provoquant un nombre considérable de pertes humaines dans chaque camp. Il faut attendre l'année 1918 pour que les différentes armées adaptent leurs tactiques militaires aux nouvelles technologies dans le cadre de la guerre moderne.

  • Les origines

Les Britanniques sont à l'origine de la création des ballons d'observation. Au départ, les ballons sont sphériques et instables. Par la suite, les Britanniques les remplacent par des types plus avancés, connus sous le nom de ballons cerf-volant. Ils sont de forme aérodynamique ce qui permet une meilleure stabilité même dans des conditions météorologiques plus extrêmes. Les Allemands développent alors le ballon de type Parseval-Siegsfeld. Les Français suivent avec le type Caquot. En général, ces ballons sont attachés à un câble en acier attaché à un treuil. Le ballon constitue le premier moyen utilisé par les armées pour observer les positions ennemies. Malgré cette observation faite essentiellement durant la guerre de sécession américaine, l'armée française ne compte, en 1914, que 4 compagnies d'aérostations. Les hauts gradés décident même de supprimer cette spécialité qui est en contradiction avec la doctrine de l'offensive à outrance qu'ils prônent.


Crédit photo : Domaine public
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  • Les utilisations

Au lendemain de la course à la mer, les belligérants s'enterrent face à face dans des tranchées qui courent de Nieuport à la frontière suisse. Dans la guerre de positions, le ballon joue un rôle essentiel en observant les lignes ennemies à de grandes distances et en dirigeant contre elles les tirs des batteries d'artillerie amies. Par la suite, le ballon est utilisé dans le repérage des sous-marins allemands dans l'Atlantique. Au départ, les informations sont transmises par courriers placés dans un sac de sable et lancés de la nacelle. Une fois arrivé au sol, le message est transmis par l'officier responsable à un coureur qui l'apporte au plus vite au quartier-général. Par la suite, une liaison téléphonique est installée entre l'aérostier et un téléphoniste au sol. Dans les premiers mois de la guerre, les Français dévoilent un important retard technique sur les Allemands. Alors que ceux-ci disposent de ballons captifs de bonne qualité, les Drachen, les Français n'ont que 30 ballons sphériques de 750 m³ aux qualités très médiocres qui les empêchent de décoller par grand vent.


Crédit photo : Domaine public
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À l’initiative d'Albert Caquot, l'armée française développe, à partir de la fin de l'année 1914, un ballon inspiré du Drachen. D'une très grande stabilité, cet engin de forme ovoïde est capable d'offrir une remarquable résistance aux rafales de vent et peut être treuillé à très haute altitude. Ce nouveau ballon français présente des qualités supérieures à celle de son rival allemand. Il est produit à 1 000 unités, entre 1915 et 1918, dont 200 sont donnés aux armées alliées. Le seul bémol de tous les modèles de ballons utilisés durant la Grande Guerre est leur enveloppe textile remplie d'hydrogène hautement inflammable qui les rend très vulnérables aux attaques ennemies. Les équipages embarqués utilisent fréquemment des parachutes pour évacuer la nacelle en cas d'attaque aérienne. Organisée en compagnies, l'aérostation prend de plus en plus d'importance au cours de la guerre. Le danger que représentent ces ballons pour les armées au sol en fait une cible privilégiée. Les avions de chasse sont rapidement chargés de les abattre à l'aide de balles inflammables.

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Crédit photo : Australian War Memorial

Afin de les protéger au mieux, les ballons sont protégés par la lutte antiaérienne, des mitrailleuses pour la défense à basse altitude et des canons antiaériens pour la haute altitude. L'attaque d'un ballon par un chasseur est une entreprise risquée. Certains chasseurs de ballons sont célèbres, comme le Belge Willy Coppens, l'Allemand Friedrich Ritter von Röth, l'Américain Frank Luke, ou les Français Léon Bourjade, Michel Coiffard, et Maurice Boyau. Les plus expérimentés prennent garde à ne pas descendre en dessous de 300 mètres pour ne pas s'exposer à la défense antiaérienne. Les équipages d'observation des ballons sont les premiers à utiliser des parachutes, bien avant les équipages sur avion. Les parachutes sont alors rudimentaires. L'aérostier ne porte qu'un harnais relié par des filins à un parachute contenu dans un sac suspendu au ballon. Quand l'aérostier saute, les filins sortent du sac, et la voilure suit. À partir de 1915, la France devient la première puissance dans le domaine des ballons et construit au total près de 4 200 ballons captifs dont 1 700 ballons d’observation et 2 500 ballons de barrage.

 

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