La Grande Guerre

Dominion de l'Empire britannique

  • L'entrée en guerre

En tant que Dominion de l'Empire britannique, le Canada est automatiquement en guerre contre l'Allemagne dès la déclaration de guerre britannique le 04 août 1914. Malgré sa dépendance au Royaume-Uni, la participation militaire canadienne aux côtés des Britanniques est une décision qui appartient au gouvernement canadien. Après un recensement effectué auprès du peuple canadien, il en ressort que la majorité des Canadiens approuvent cette décision et se rangent derrière le Royaume-Uni. Ce soutien populaire pour la guerre provient principalement des Canadiens anglophones. Avant 1914, le Canada dispose d'une milice plus importante que son armée régulière qui ne compte que 3 110 soldats et 70 000 réservistes.

Crédit photo : CPAC
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  • Le recrutement

De nombreux ressortissants britanniques du Royaume-Uni ou d'autres territoires qui résident au Canada et aux États-Unis d'Amérique rejoignent le Corps expéditionnaire canadien (CEF). De nombreux volontaires des Bermudes rejoignent également le CEF. Du premier contingent, environ les deux tiers sont des hommes nés au Royaume-Uni. Le recrutement est difficile au sein de la population canadienne-française qui n'est pas d'accord avec le soutien du Canada au Royaume-Uni ni avec la guerre à laquelle le Royaume-Uni prend part. En moins de deux mois, 32 000 volontaires, dont seulement 1 000 Canadiens francophones, sont déjà casernés et débutent leur entraînement à la base militaire de Valcartier, à Québec. Le 03 octobre 1914, le premier contingent, constitué de 30 000 Canadiens, part pour l'Europe. En 1914, les Noirs et les Amérindiens ne peuvent pas s'engager dans l'armée canadienne. Avec le nombre croissant de victimes sur les champs de batailles européens, les Amérindiens sont autorisés à s'engager et à rejoindre le 114e bataillon d'infanterie canadien dès 1915. Environ 3 500 Amérindiens rejoignent le CEF. Certains d'entre eux viennent des États-Unis d'Amérique qui sont restés neutre au début du conflit. Afin de montrer leur attachement aux valeurs britanniques, ces Amérindiens prennent des noms à consonance britannique lors de leur inscription. De leur côté, les Noirs doivent attendre le 05 juillet 1916 pour rejoindre le 2e bataillon de construction. Malgré cette longue attente, quelques 600 Noirs s' engagent dans l'armée canadienne.

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  • Les critiques

Au sein du gouvernement canadien, dirigé par le premier ministre Robert Borden, on ne s'attend pas à ce que tant d'aborigènes se portent volontaires. En août 1914, le gouvernement espère décourager l’enrôlement des Autochtones en adoptant une politique qui interdit le service des Indiens outre-mer. Le gouvernement pense que l’ennemi percevra les Autochtones comme des « sauvages » et que ces derniers feront l’objet de mauvais traitements s’ils sont faits prisonniers. Cette politique ne sera toutefois jamais appliquée de façon rigoureuse. Elle est même abandonnée à la fin de 1915 devant le grand nombre de demandes d’enrôlements de la part des Indiens de même que du besoin pressant de plus de troupes pour les Alliés. Cependant, un certain nombre de chefs indiens refusent d'apporter leur aide à l'effort de guerre à moins que leur nation ne devienne indépendante. Dans le passé, lors des négociations des traités avec les Indiens, certains chefs indiens de l’Ouest avaient demandé et reçu la garantie du gouvernement britannique que les Indiens ne seraient pas tenus de se battre pour la Grande-Bretagne si celle-ci entrait en guerre. En janvier 1918, un décret est adopté pour exempter les Indiens des fonctions de combat. Malgré tout, plus de 4 000 Indiens se portent volontaire et s'enrôlent au sein du 114e bataillon canadien.

Les troupes canadiennes

Dès le 04 août 1914, le Canada annonce son soutien au Royaume-Uni. Rapidement des volontaires canadiens, américains et bermudiens affluent dans les centres de recrutements.

  • The Canadian Expeditionary Force

Dès le début du mois d'août 1914, le Corps expéditionnaire canadien (CEF) est créé pour venir en aide au Royaume-Uni. Ce corps, totalement indépendant des Britanniques, est composé de volontaires et commandé par le lieutenant-général sir Arthur Currie. Le 03 octobre 1914, le premier contingent part pour l'Europe avec 30 000 Canadiens. Au total, le CEF sera composé de 4 divisions d'infanterie, soit 260 bataillons, d'une brigade de cavalerie et d'unités ferroviaires et forestières, ce qui représente pas moins de 619 646 soldats. La conscription est adoptée en août 1917 mais n'est pas appliquée avant le 01 janvier 1918. Du coup, ce ne sont que 24 132 conscrits sur 100 000 qui sont envoyés en France pour participer à la campagne des cent jours.

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  • The Army Medical Staff Corps

À l'instar des hommes, 3 000 Canadiennes rejoignent l'Europe au sein du Corps médical canadien (AMSC). Fondé en 1904, l'AMSC connaît une expansion fulgurante durant la Grande Guerre. Le nombre de blessés dans les troupes canadiennes en France et en Belgique est si élevé que plus de la moitié des médecins canadiens sont envoyés en Europe pour les soigner. En 1915, les unités médicales canadiennes se rendent sur le front méditerranéen pour soutenir les forces britanniques qui combattent à Gallipoli, à Salonique et en Égypte. L'AMSC met sur pied dans la région cinq hôpitaux militaires fixes dont le personnel médical travaille dans des conditions particulièrement difficiles, notamment des températures extrêmes et un accès limité aux fournitures. Près de 1 500 Canadiens servent dans la région de la Méditerranée entre 1915 et 1917, s’occupant principalement de patients blessés au combat ou malades. En tout, 21 453 hommes et femmes arborent fièrement l’insigne de l'AMSC. Nombre de ces médecins et brancardiers servent à proximité du front. L'AMSC perd 1 325 volontaires au cours du conflit. Trois de ses membres sont décorés de la Croix de Victoria pour service méritoire en créant de nouvelles procédures médicales mises en place sur le terrain pour sauver des vies.

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  • The Canadian Forestry Corps

Lorsque le conflit se transforme en guerre de tranchées, les Alliés se rendent compte qu'il leur faut d'énormes quantités de bois pour solidifier les tranchées. Aussi le gouvernement britannique fait appel au Canada sachant que c'est dans ce pays que se trouve les meilleurs bûcherons. Au début, l'idée est de récolter les arbres des abondantes forêts du Canada et de les amener outre-mer. Mais vu que l'espace à bord des navires marchands est limité, et plutôt que de bourrer les cales des navires avec du bois, il est décidé d'utiliser ces bûcherons canadiens en Europe. Les forêts du Royaume-Uni et de la France sont nombreuses. Ainsi, le 14 novembre 1916, est créé le Canadian Forestry Corps (CFC). Il est placé sous le commandement du Lieutenant-Colonel Alexander McDougall. Plusieurs régiments initialement prévus pour les lignes de front deviennent des unités de bûcherons militaires. Ces troupes canadiennes avec leurs insignes de calotte de conifères les identifient comme le Corps forestier canadien. Le CFC est composé de nombreuses compagnies qui portent toutes un numéro qui permet de facilement les distinguer. Les compagnies en France sont numérotées de 0 à 100 et celles du Royaume-Un de 101 à 150. La base de dépôt se trouve à Smith's Lawn, Windsor Great Park. La plupart de ces compagnies s'occupent des opérations forestières incluant la fabrication de sitprops, sleepers, billes de sciage et de manches de haches. D'autres compagnies s'occupent de défricher, drainer, niveler et faire le terrassement de sites pour les aérodromes. À l'occasion, des unités du Corps forestier sont employées en tant qu'unités de main-d'œuvre pour le Corps canadien sur les lignes de front avec des tâches telles que le stockage de munitions d'artillerie, l'aide à la construction rapide de réseaux ferroviaires et routiers à la suite de l'attaque des troupes ou à l'évacuation des blessés. Au total, ce sont 35 000 soldats bûcherons qui servent au sein du CFC durant le conflit.

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Crédit photo : Archives Canada
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  • Les premiers amérindiens de la guerre

Aux yeux des Canadiens comme des Américains, les Indiens guerriers sont reconnus comme des guerriers possédant des qualités incontestables. Ces Indiens possèdent une résistance à la fatigue, un sens de l'orientation, une vision exceptionnelle, une grande connaissance des chevaux et un courage à toute épreuve. Les centres de recrutement canadiens sont néanmoins surpris de voir arriver plus de 1 000 Indiens canadiens, jeunes adultes, venir s'enrôler dès les premières semaines. Ces 1 000 Indiens représentent 1/3 des Indiens répondant aux exigences du recrutement. Il est vrai que la condition du soldat confère au volontaire indien un statut social reconnu. La solde d'un dollar par jour apporte est appréciable. Pour d'autres, c'est le retour à l'action pour tout guerrier qui se respecte. Duncan Campbell Scott, le sous-surintendant général au ministère des affaires des Sauvages et partisan d'une politique d'assimilation rapide, est ravi de voir autant d'Indiens rejoindre les Canadiens civilisés. Il pense qu'après la guerre, il sera d'autant plus facile de les convaincre du bien de la civilisation canadienne et de les faire venir dans les grandes villes.

Crédit photo : Archives Canada
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Sur une population estimée à 250 000 Amérindiens, dont 12 000 sont en âge de s'engager, environ 4 000 Indiens s'enrôlent au sein de l'armée canadienne. Parmi les principales tribus recrutées, on trouve 665 Métis, 548 Mohawks, 420 Cris, 247 Ojibway, 128 SIoux et 19 Inuits. Parmi eux, certains ont fait un long trajet depuis les États-Unis d'Amérique qui restent neutre en cette année 1914. S'appuyant sur leurs qualités, certains commandants de secteurs du front confient à leurs Indiens des missions d'éclaireurs, de tireurs d'élite ou encore d'estafettes. Ils s'acquittent avec brio de leurs différentes missions. Certains Indiens sont même décorés pour leur acte et leur bravoure au combat. Les Allemands craignent les snipers indiens qui ont la réputation d'avoir des mains fermes et des yeux perçants. Ils manquent rarement leur cible. 500 Amérindiens sont morts en Europe soit au front, soit de maladies auxquels ils n'ont jamais été exposés auparavant. Les femmes ne sont pas en reste. Ainsi, la moitié des femmes des Micmas et des Malécite s'engagent comme infirmières et cantinières.

 

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