La Grande Guerre

Vers une guerre moderne

La Grande Guerre est caractérisée par l'industrialisation et la production de masse dans le domaine de l'armement et de la technologie militaire. Les premières années de guerre voient la confrontation entre la technologie du XXe siècle et les tactiques du XIXe siècle qui prennent la forme de batailles indécises provoquant un nombre considérable de pertes humaines dans chaque camp. Il faut attendre l'année 1918 pour que les différentes armées adaptent leurs tactiques militaires aux nouvelles technologies dans le cadre de la guerre moderne.

  • Les origines

Contrairement aux idées reçues, l'idée de développer un engin chenillé ne date pas de 1915 mais bien de 1770 ! C'est le 15 février 1770 qu'un anglais, Richard Lovell Edgeworth, dépose un premier brevet. Ne trouvant personne pour financer son projet, celui-ci ne verra pas le jour. Il faut attendre 1882, pour voir un premier engin chenillé rouler en Argentine. Il est l’œuvre de Guillaume Fenders qui s'est inspiré des schémas de Richard Lovell Edgeworth. Suite à la guerre de sécession et aux développements du moteur à combustion interne, les recherches se poursuivent principalement en Amérique. Du coté des militaires européens, la cavalerie représente le prestige d'une armée. Ces nombreux faits d'armes millénaires en font la fierté de chaque nation en disposant. En 1889, le lieutenant-colonel américain Davidson conçoit une voiture tricycle armée d'une mitrailleuse possédant une plaque de blindage à l'avant. S'inspirant du modèle américain, le Britannique Frederichs Simms conçoit à son tour le quadricycle Motor Scout, un engin composée d'une mitrailleuse Maxim protégée par une plaque blindée. S'inspirant de ce modèle révolutionnaire, de nombreux industriels mettent au point des voitures blindées qu'ils présentent aux armées. Rapidement, ces véhicules sont intégrés dans les différentes armées européennes.


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En août 1914, au début du conflit, plusieurs véhicules participent à la guerre de mouvements. Les différents États-majors commencent à apprécier ces engins qui à terme pourraient remplacer les missions classiques de la cavalerie en limitant les pertes humaines. Mais lorsque les armées allemandes se figent dans des tranchées, la guerre change. Fini la guerre de mouvements, fini les charges de cavalerie. Les tactiques militaires doivent s'adapter aux nouvelles données. Et dans ce contexte, un véhicule blindé tout terrain devra avoir une puissance de feu capable d'appuyer l'infanterie et devra être capable d'éliminer les obstacles rencontrés sur le champ de bataille. Il parait rapidement évident à tous que les voitures blindées ne peuvent remplir ces missions. Il faut rappeler que les voitures blindées sont le fruit d'industriels privés qui se sont basés sur des voitures ou des camions pour en faire des engins de guerre. Le développement d'engins dotés de chenilles parait la seule solution pour reprendre une guerre de mouvements.

  • Les utilisations

Les premiers chars sont peu fiables et tombent souvent en panne. Lors des premiers engagements en 1917, ils terrifient néanmoins les soldats allemands mais ne sont pas assez nombreux pour réaliser une percée significative. De nouvelles tactiques sont donc utilisées pour exploiter au maximum les possibilités de cette nouvelle arme. Par la suite, les chars sont épaulés par l'infanterie et utilisés en grand nombre. C'est lors de la Bataille de Cambrai en 1917 que les chars montrent qu'ils peuvent réaliser une percée significative s'ils sont bien utilisés. Néanmoins la fiabilité reste le talon d'Achille de ces mastodontes. Lors de la contre-offensive d'Amiens, les alliés engagent 534 chars dont une grande partie tombe en panne dans les jours suivants. Les pertes dues aux problèmes mécaniques excèdent largement les pertes dues à l'ennemi.


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Les premiers chars sont très lourds et très lents du fait de leur blindage et de leur armement. Ce poids fragilise les transmissions et mette les systèmes mécaniques à rude épreuve. Ils sont également conçus pour pouvoir tirer dans toutes les directions à la manière des cuirassés ce qui nécessite un équipage pléthorique. Lors de sa sortie des chantiers de construction, le char français FT déclenche une révolution dans la conception des chars et fixe le type même du char de combat par l'utilisation d'un armement en tourelle. L'utilisation des chars de combat fait de la Grande Guerre, le premier conflit mécanisé. Les chars permettent de sortir de l'impasse de la guerre des tranchées en offrant une combinaison de puissance de feu et de protection qui manquaient aux armées. C'est pendant la Seconde Guerre mondiale que le char démontrera toutes ses capacités offensives seulement ébauchées lors de la Grande Guerre.

  • Les blindés allemands

Les Allemands effectuent quelques expérimentations, mais ne considèrent pas comme prioritaire la mise au point et la production de « cuirassés terrestres ». Dès le début de 1915, l'Allemagne ressent les effets du blocus maritime mis en place par les Britanniques. Aussi préfère-t-elle mobiliser ses ressources pour produire des submersibles destinés à couper les voies maritimes qui nourrissent et alimentent en matières premières les armées alliées. Quelques jours à peine après l’apparition des premiers chars sur les champs de bataille, le ministère de la Guerre met en place une commission technique. Composée d’experts de l’industrie automobile et de militaires, elle est chargée d’étudier la fabrication d’un engin blindé pour l’armée impériale allemande. Elle prend le nom de Allgemeine Kriegsdepartement 7 Abteilung Verkehrswesen ou A7V. Conscient du danger que représentent les chars, les Allemands mettent au point des munitions antichars. En plus de cela, les Allemands piègent les routes à l'aide de mines antichars. Pendant ce temps, le premier prototype sort en avril 1917. Le premier char A7V est livré le 01er octobre 1917. Les équipages allemands sont formés à Berlin.


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Les premières mesures tendant à la création d’un corps de blindés ne sont prises qu’en janvier 1918. Le premier engagement opérationnel de chars allemands a lieu le 21 mars 1918, lors des grandes offensives du printemps à l'Ouest. Les chars A7V démontrent une assez grande fiabilité mécanique et une bonne capacité de résistance, due à son blindage qui protège également les chenilles. L’épaisseur de l’acier, qui atteint jusqu’à 30 mm en frontal, permet d’encaisser les balles perforantes et même des obus de 37 mm. Les principaux défauts de l’A7V sont ses dimensions et un poids de 35 tonnes qui le rendent peu mobile en terrain accidenté. Conscient de son retard dans la fabrication des chars, la Direction suprême allemande ordonne la remise en état des Mark IV récupérés sur le champ de bataille. Ainsi, le service des tanks de prise ou tanksbergungsstelle est mis sur pied à Charleroi, en Belgique. Après avoir remplacé le canon d'origine par un canon belge ou russe et après avoir reçu une énorme croix de Malte sur les flancs, ces Mark IV repartent au combat. Au total, ce sont une quarantaine de Mark IV qui vont venir gonfler les forces blindées allemandes.


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La 5e Armée allemande engage, pour la première fois, ses chars, cinq A7V et cinq Mark IV, lors de la bataille de Saint-Quentin qui débute le 21 mars 1918. Manquants d'expériences, les chars allemands participent aux combats juste la journée et puis se retirent. Ils ne sont pas décisifs mais gonflent le moral de l'infanterie qui finit par s'emparer de Saint-Quentin. Dès le lendemain, les Britanniques arrivent devant Saint-Quentin avec leurs chars Mark IV et rejettent les Allemands sur leur base de départ. Le soir même, la 5e Armée allemande est défaite. Le premier combat de chars a lieu le 24 avril 1918. Il oppose neuf A7V au sud de Villers-Bretonneux aux chars Mark IV du 1er bataillon de tanks britannique. Dans une tentative d'invasion du village, trois chars A7V se retrouvent face à trois chars Mark IV. Le seul char Mark IV mâle engage un char A7V au canon et à la mitrailleuse. Le second riposte aussi vite. C'est le premier combat de chars de l'histoire. Au terme de la guerre, les Allemands n'ont construit que 20 chars A7V dont cinq ne sont pas sortis des usines de construction.

  • Les blindés britanniques

Dès 1908, le War Office procède aux premiers essais d'un char chenillé. En 1914, les britanniques utilisent déjà des tracteurs Caterpillar Holt chenillés pour tracter ses canons lourds en France. Après la bataille de la Marne et l'installation des Allemands dans des positions défensives, le lieutenant-colonel Swinton comprend qu'il faudra des engins chenillés utilisant un moteur à essence pur déloger les Allemands de leurs positions. Il élabore alors un projet de véhicule chenillé blindé qu'il présente au Premier ministre britannique, Herbert Asquith qui le refuse. Le colonel Hankey qui a compris toute l'utilité d'un tel engin prend le relais du colonel Swinton et propose son projet à Horatio Kitchener, ministre de la guerre, en décembre 1914. Il rejette catégoriquement ce projet. Le colonel Hankey transmet alors le projet à Winston Churchill qui est membre du nouveau conseil de guerre. Le 05 janvier 1915, Winston Churchill réagit et appuie le projet auprès du Premier ministre britannique, Herbert Asquith, qui finit par autoriser des essais sur les tracteurs Holt. Après des démonstrations désastreuses, en février 1915, Winston Churchill décide de constituer un Landships Committee au sein de l'Amirauté, dès le 20 février 1915. Il place à la tête de cette nouvelle branche l'ingénieur naval Eustache Tennyson d'Eynecourt. Le 30 juin 1915, une démonstration du tracteur à chenilles américain se déroule à Londres devant Winston Churchill et Lloyd-George, ministre des Munitions. Ce dernier est séduit et donne son soutien à Winston Churchill pour le développement d'un véritable chars de combat. Le 31 juillet 1915, l'Amirauté passe un contrat avec la firme William Foster & Co. pour la construction de véhicules chenillés blindés.


Crédit photo : Archives Caterpillar
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Le 19 septembre 1915, un premier prototype sort d'usine. C'est le Number One Lincoln Machine. Ce premier engin chenillé pèse 18 tonnes et dispose d'un moteur Daimler de 105 CV. Dès les premiers essais, il s'avère que le train chenillé n'est pas assez solide. Un second prototype est une amélioration d'un premier modèle et sort sous le nom de Little Willie. Alors que de nouveaux prototypes voient le jour, le Landships Committee devient le Naval Construction's Committee. Afin de garder le secret de la construction de chars, demandant d'énormes quantités d'acier, il est décidé de donner un nom moins évocateur que celui de vaisseau terrestre. Le 24 décembre 1915,le colonel Swinton et son collaborateur, le lieutenant-colonel Dally Jones, pensent au terme court de Tank. Pour de nombreuses personnes, il s'agit de la construction de jericcans en acier. Le premier véritable char arrive le 06 janvier 1916 avec le Mother qui réussit tous les tests d'aptitude. Le roi George V en personne assiste à la démonstration du mastodonte. Devant ces capacités tout-terrain, le roi suggère d'en construire une centaine. Le 12 février 1916, Lloyd George signe un contrat avec les firmes William Foster & Co. et Metropolitan Carriage pour la construction du premier char d'assaut de l'histoire, le Mark I.


Crédit photo : IMW
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Aussitôt la première commande passée, l'entraînement des premiers volontaires commence. Il est basé sur des tirs à la mitrailleuse et au canon. Afin de garder le projet secret, l'école de tir est installée sur Whale Island, près de Porthmouth, dans le sud de l'Angleterre. Une fois les premiers chars arrivés au camp d'Elveden, le génie militaire britannique crée des conditions identiques aux champs de bataille français. Les volontaires se retrouvent ainsi face à des obstacles dont ils devront tenir compte une fois débarqué sur le continent. Les entraînements des équipages sur le Mark I sont une véritable épreuve de force. Le mastodonte, de plus de 27 tonnes, a une direction compliquée, n'a pas d'aération, n'a pas de suspension, dégage des odeurs d'huile brûlée et de gaz d'échappement. Le tuyau d'échappement placée en sortie directe sur le toit provoque un bruit quasi insupportable qui empêche la communication orale entre les membres de l'équipage. Trois heures à l'intérieur du Mark I exténue chaque homme et provoque de nombreux maux de tête. L'urgence de la situation sur le front ouest raccourcit la formation des équipages à moins de deux moins. Ils sont ensuite envoyés en France avec les chars Mark I qui sortent d'usines à une cadence d'environ 25 par jour.


Crédit photo : Novi62
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Les premiers équipages britanniques et les treize premiers Mark I embarquent à Southampton, en Angleterre, et débarquent au Havre, en France, en toute discrétion, dans la nuit du 20 au 21 août 1916. Une fois débarqué, les chars sont acheminés par trains spéciaux dans la région d'Abbeville, qui devient une zone militaire française interdite aux civils. Les équipages de chars britanniques ont un équipement particulier : un casque en cuir, une salopette, deux masques à gaz et un revolver. La première attaque de chars de l'histoire a lieu le 15 septembre 1916 à 06h20, heure française. Ce sont 49 Mark I qui montent à l'assaut des lignes allemandes dans la région de Bapaume lors de la bataille de la Somme. Sur les 49 Mark I engagés, seuls 36 arrivent sur les positions allemandes. Sur les 36 Mark I, 24 sont mis hors de combat. Finalement, quelques Mark I parviennent à aider l'infanterie à enlever quelques villages aux Allemands. Ce premier assaut de chars laisse perplexe les hauts gradés britanniques mais permet de tirer de nombreux enseignements aussi bien sur la tactique à adopter que sur la fragilité de la mécanique. Ainsi, les Britanniques modifient le Mark I et fabriquent le Mark II, le Mark III, le Mark IV et le Mark V.


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En parallèle aux développements des chars Mark, les Britanniques conçoivent un autre modèle de char, le Whippet. Conçu par le même ingénieur que le char Mark, William Tritton, son appellation officielle est le Mark A Whippet. Ce char est destiné aux missions de reconnaissance. Sa construction commence en décembre 1917. Il est engagé pour la première fois le 26 mars 1918 à Hébuterne, au sud-ouest d'Arras, en France. Sa vitesse élevée, jusqu'à 14 km/h, est à l'origine de son nom qui signifie "lévrier". Son poids limité à 14 tonnes et son équipage de 3 hommes en font un char moyen. Afin de réussir ses missions, certains chars Whippet sont équipés de TSF ayant une portée de 12 km en terrain dégagé. À la fin du conflit, 200 exemplaires sont sortis des usines.

  • Les blindés français

En 1903, le capitaine Levavasseur présente au ministère de la guerre le projet d'un canon blindé automoteur muni de chenilles. Son projet n'est pas retenu car soit disant inutile. Dans l'esprit des militaires français, une guerre se doit d'être offensive à outrance. La vitesse prime sur tous les autres éléments. Il est donc Inutile de s'encombrer d'engins lents, lourds, complexes et de surcroît onéreux. Il faut attendre janvier 1915 pour que l'ingénieur, Eugène Brillé, de la firme Schneider se rende en Angleterre pour assister à une démonstration d'un tracteur américain Holt de 75 CV. Aussitôt de retour en France, la firme Schneider passe commande de plusieurs tracteurs. Dès le mois d'avril 1915, ces tracteurs sont utilisés pour tracter les canons de 155 mm présents dans les Vosges. Le colonel Jean Estienne apprend que des tracteurs servent au front. Il se rend sur place et voit en ces tracteurs les futurs chars. De retour dans son bureau, il crée un projet chars, basé sur des tracteurs Holt modifiés. Il lui faut patienter jusqu'en septembre 1915 pour que le général Joffre s'intéresse à son projet. Lors de réunions, le colonel Estienne présente le char comme un blindé tout terrain, capable de franchir des trous de 2 mètres, d'écraser les obstacles comme les fils barbelés, d'appuyer l'infanterie avec un canon et plusieurs mitrailleuses et de circuler à une vitesse de 3 à 9 km/h, soit la vitesse de déplacement des fantassins. Le projet est accepté par le général Joffre et son état-major. Plusieurs services et firmes se mettent alors à la construction de chars.


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Crédit photo : Archives Caterpillar
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Dès janvier 1916, en France, le lieutenant Charles Fouché et son équipe modifient un tracteur Caterpillar de 45 CV en rallongeant son train de roulement. La Machine 1 type A est née. C'est le premier prototype de char qui est testé le 17 février 1916. Ces tests démontrent un problème avec le carburateur. L'équipe de Charles Fouché corrige le défaut et décide de nommer la machine modifiée la Machine type B. Quelques semaines plus tard, la machine Schneider est à son tour testée. Durant le mois de mars 1916, la Machine type C voit le jour. Elle est équipée d'un blindage en bois supposé simulé le futur blindage métallique. Ce modèle est un échec car l'étrave de la machine se fiche dans les obstacles rencontrés. L'équipe repart sur la construction nouvelle machine basée sur deux tracteurs américains Baby-Holt 45 CV. À la différence de la Machine 1, la Machine 2 est équipé d'une propulsion pétroléo-électrique. Le 01 août 1916, la Machine 2 fait ses premiers essais.


Crédit photo : chars-francais.net
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Lorsque le général Joffre marque son accord pour des commandes de plusieurs centaines de chars, le général Estienne organise le recrutement des futurs équipages. Les recrues sont principalement des volontaires qui proviennent de tous les horizons. On y retrouve des fantassins, des artilleurs, des marins et surtout des cavaliers qui sont devenus des combattants à pied avec l'apparition des tranchées. Par ailleurs, les unités s'organisent en adoptant la structure de l'artillerie de campagne. Ainsi, une batterie est composée de 4 chars avec 12 officiers, 16 sous-officiers et 110 hommes de troupe pour les chars provenant des usines Schneider. Une groupe est composé de 4 batteries. Un groupement reprend plusieurs groupes et dispose d'une section de ravitaillement et de réparation. Pendant ce temps, Louis Renault, qui n'avait pu répondre aux demandes du général Estienne en 1914 vu le cahier de charges rempli de sa société, revient aux affaires avec un prototype appelé FT. Les premier essais ont lieu en janvier 1917. Après avoir surmonté plusieurs embûches, Louis Renault pilote lui-même son char FT et en fait la démonstration devant les hauts gradés français. Cette démonstration se déroule au camp de Champlieu le 14 mars 1917.


Crédit photo : Domaine public
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À nouveau, le général Estienne doit affronter les détracteurs des chars. Il arrive cependant à convaincre les membres du comité consultatif de l'artillerie spéciale qui passent commande pour 1 000 chars FT. Devant cette commande, Louis Renault doit réorganiser son usine, modifier ses chaînes de fabrication et trouver de grande quantité d'acier et de nombreux ouvriers. Le char FT révolutionne la conception des chars avec sa tourelle pivotante. Les premiers chars FT sont livrés fin de l'année 1917. Ce n'est qu'à partir du mois de mai 1918 que les chars FT arrivent en masse sur les différences zones de front. Les chars FT reçoivent leur baptême du feu le 31 mars 1918. De part sa petite taille et sa facilité de fabrication, il est le char le plus construit de la Grande Guerre avec pas moins de 3 700 exemplaires sortis des usines françaises. À cela, il faut ajouter les 1 200 exemplaires commandés par les Américains qui s'engagent dans le conflit mondial en 1917.

  • Le bilan



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